les yeux n’ont pas d’arête

  quand je meurs ce n’est déjà plus moi
       mais celui que

  je n’ai jamais été vraiment, oubliant d’être là
       ou cédant

  à l’appel d’un inaccessible au-delà, haut lieu d’une improbable
       coïncidence…

  pourquoi pas toi, dis
  et pourquoi pas moi

  pourquoi pas tout le temps
  qu’on met

  à se retrouver là, nu
  comme un mort

  ces boutons, on les arrache
  avec les ongles, des pinces, à l’acide

  les yeux
  n’ont pas d’arête, c’est bien connu

  alors regarde, regarde bien en face jusqu’à
  ce que cela

  t’efface…

  va en arrière
       remonte le temps

  reviens devant
       descends le temps

  bouffe-toi la queue
       du temps, attends

  crève-toi
       sans ciller crève-toi

  l’adieu – aux conséquences 
       irréversibles

  l’adieu à soi
       l’adieu d’abord

  les choses se remettent d’instinct
      sauf l’instinct

  l’instinct meurt: il est l’instinct
       de mort

  je me couche
  de tout mon long, je me
  couche

  et je coule
  de toute ma verticalité, je
  coule

  on ne guérit pas
  de soi
  – c’est comme ça

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *