la foi signifie concevoir l’être au-delà de ses manifestations, être conscient de l’être en amont de toute détermination
à partir de là, toute expérience se révèle par nature poétique, en tant qu’expérience distincte et unique de l’être, et fondamentalement religieuse, en tant qu’expérience directe de l’absoluté de l’être
la foi signifie concevoir le néant comme vivant, ou que le néant n’est pas car s’il était rien ne serait, que lui, qui n’est pas
le néant ne se pense donc que relativement à un être, à tout être, absolument dépendant de l’être dont il est l’ombre projetée quand celui-ci se dresse, se distinguant de l’universel – ombre se dissipant sitôt l’être résorbé dans l’indéterminé
les idées rondes font de belles bulles de savon, irisées, translucides – mais qu’advient-il de l’homme ou de la femme qui ne se lave pas, qui ne pousse pas son souffle à travers le cercle magique?
qu’advient-il de celui ou de celle recroquevillé-e dans la terreur de l’ombre, et fasciné-e par elle? de l’être s’étant retourné sur soi et ne pouvant plus désormais refaire (sur)face au chemin, condamné à contempler l’eurydice se décomposant sous ses yeux révulsés?
je crois qu’il ou elle saute à pieds joints sur la grève ou dans sa tête, flotte tel un mort sur le léthé de vivre, ivre d’une idée fixe ou victime
d’un vague sous-entendu
et puis il y a le temps, qui malgré tout et à tout chas se passe, le grand voyage à reculons
…jusqu’à jamais
la lumière en tout lieu
Laisser un commentaire