squatter l’pays

  il fait nord par chez vous, mon dieu qu’il fait nord
  par chez vous.
  les chiens n’ont pas d’atmosphère, par chez vous
  ils reniflent, ils pissent au pied du réverbère
  on leur a tranché la tête depuis l’aube des temps et c’est la mienne qui trône là, fichée
  en bout de réverbère

  il n’y a plus de limite à l’absence de limite – c’est le non-dieu qui l’a dit
  son sur-subconscient.
  des trous en moi
  grossissent
  à n’en plus faire qu’un (mais comment un trou pourrait-il faire un, six ou même zéro?
  non, un trou ne fait rien
  c’est en quoi c’est par là qu’il respire, et moi je

  je n’ai pas eu le courage de désespérer davantage
  même à notre capacité à souffrir il est une limite
  qu’allègrement n’hésitent pas à franchir
  la simple réalité d’une part
  et ce qui n’est pas la réalité ne s’en prive pas, n’en prive personne au demeurant
  d’autre part. résolument vain 

  l’amour pour vous l’amour pour tous, diamétralement opposés
  sont passés par le même tourniquet, l’un sans ticket derrière l’autre, colle-au-cul.
  vous n’aimez pas mes chansons d’amour?
  ce sont pourtant des chansons d’amour
  des chansons du plus pur tourniquet qu’on entonne à pleins poumons
  du quai d’ici à le quai d’en face

  ma foire s’est vite effarée et toi, t’es donc morte un quel jour?
  camarade, mon petit camarade, jupe longue et nuage de clope dans l’nez
  la partie azur est défoncée
  on en a fait des vidéos
  on a cru que c’était pour rien mais on n’a même pas imaginé qu’est-ce que c’était, d’être pour rien

  alors on est tombé

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