chasse-mouche

  je suis une bête, là, elle nage dans l’air
  d’un moindre geste refonder l’es-
  pace mais là tu pisses
  dans mes rosiers
  petite loque

  allez j’me casse
  et pis d’ailleurs j’te cause plus
  assis nulle part debout partout j’m’en fous, j’traverse
  la picardie, à contre-sens
  pas gris le ciel
  de picardie
  pas gris, pas gris du tout
  – j’traverse

  maussade esprit, maussade
  d’alignée la pêche heureuse, la maldone
  l’harmonie libre d’un désaccord
  ou d’un accord rompu, j’encaisse
  je dis rien, j’encaisse

  l’ombre du pommier, véreuse, j’en sors
  il fait pas peur, le jour des morts, enfle les voiles
  j’ai rien fait pour cela j’ai juste
  passé le temps, serré les dents

  panier percé, la pensée
  clairsemée
  attendre fait un trou, le vide emplit les trous, les trous faisant
  office d’orifice, ne servent pas
  en tout cas pas dans mon cas

  j’avance, j’emboîte le pas
  à rien, mais ça
  souffle derrière – devant
  me rappelle devant, lequel ne se souvient
  de rien, ne me demande, pas,
  comment j’m’appelle

  alors je m’appelle pas

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