les bas-côtés d’ l’amour

  le crâne d’ un mort
  ne donc t-il pas?
  il pleut, il pleut sur tous les ch’veux. alors
  alors on s’est rasé le crâne: plus rien ne mouille
  d’en haut ni de côté, plus rien ne mouille.
  les substances de côté

  en te vidant, en te vidant d’amour, après
  t’en avoir cajolé la vulve, quelle mouche
  te pique, non mais dis-moi quelle
  mouche te pique pour que tu te dandines ainsi, gros tas
  d’os et de merde, les yeux ouverts, hermétiquement
  ouverts
  – sur quoi, dis

  ça s’appelle bouffer des prunes
  quand elles sont pas
  encore mûres, ça s’appelle suer du cul, alors même
  qu’on n’en a plus, usé jusqu’à la corde et la chaise vide, la chaise s’envide –
  quelqu’un est parti
  par là, ou bien par là
  toujours dans la même direction, la même
  absence de direction, ça va tout droit

  tu craches un peu
  dans la bouteille, tu craches un peu mais c’est pas grave, ça s’accumule
  quand même un peu, ça s’accumule, mais c’est pas grave
  car tu m’oublies, la mer
  déborde sur mon lit, déborde un peu
  mais c’est pas grave, non c’est pas grave, tu craches un peu
  dans mon cercueil
  : je vis à temps perdu

  silhouette ô ma silhouette, découpée dans la vase
  découpée à l’œil nu, dans la vase, ou le miroir vaseux
  j’en fais presque le tour, j’imite un homme, peut-être un homme mort, mais comment
  un homme
  peut-il être mort
  : sans attendre
  sans attendre on s’en doute
  on sait pas

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