le sommet le plus bas

  il y a des fois où on ne réfléchit plus: on s’enfonce de l’avant, basta
  j’ai un genre de rouge-gorge, mais mon genre de rouge-gorge il est pas pour toi
  il tombe de soi, des nues de soi

  et on m’en chassera, ou je m’en chasserai moi-même après tout on n’est 
  pas mort debout, on est tous nés tombés, le pied béant,
  l’œil couronné

  ta ville elle est grande, elle est grande quoiqu’elle tombe en ruine et en
  poussière, toi tu tombes en
  poussière, en désuétude on n’est pas triste, on n’est pas triste non plus c’est juste
  trop grand dedans

  j’oserais pas revenir sur mes pas je n’y serais
  que faussement bien accueilli, et très faussement
  – je ne serai heureux finalement que 
  quand tous seront morts

  tu ne m’appelles pas, tu ne m’appelles plus, à vrai dire tu ne m’as
  jamais appelé – je suis non-appelé je reste
  assis là debout à quai, quéquette à l’air et le dos rond, à fond
  si rond saillant l’éclat
  de l’omoplate 

  j’ai joué oui, mais j’ai joué à rien
  même pas à perdre, haleine ni de vue, déclaration
  d’amour figée en vol,
  trognon de sable

  il suffit d’un univers, d’une conscience pour faire sens, le chaos restaurer
  je tends la main mouillée en creux et l’Assoiffé
  me lèche la main, s’entaille la langue d’un 
  destin

  et tu ne sais comment, tu le sais bien combien
  ça fait mal – moi peut-être
  pas tant que ça, après tout après quoi, moi peut-être
  mal accordé à quoi, à ça
  à tout ça

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