lui qui fume clou sur clou

  réduire les connexions pour se recentrer sur la seule connexion nécessaire: la conscience d’être, là – point nomade se rêvant du
  haut de toute chute

  je suis sans soi je suis sans 
  neige – je fonds comme au début, je ne
  m’y reconnais pas, je n’y
  reconnais rien

  la nature aime le vide, s’aménageant le maximum d’heures creuses, où produire dans l’entre-deux de soi la
  marge d’un silence

  et je vis dans ces creux, la conscience boostée par la mémoire de la
  mort – je couche quelque part,
  jamais ne m’y endors…

  un seul grain de poussière déjoue les pronostics – le néant ne compte pas
  dans un sens ou dans l’autre je retourne mes poches – le néant
  ne compte pas

  avoir été et s’en souvenir font figure d’actes irresponsables
  n’étant déjà plus que le souvenir de moi-même, et me considérant quelque part déjà mort
  entre le néant et moi l’épaisseur d’une feuille à rouler de la conscience de soi, ce soi comme si ce soi comme ça
  : la bille du troisième œil

  tout parle extase, extase et ennui de l’extase
  l’herbe pousse et j’ai la frousse. rien ne fut jamais plus inno-
  cent que l’herbe pousse

  ressusciter chaque jour et sans savoir pourquoi; ressusciter pour rien, au même endroit au bout du
  même souffle, ricoché sans préavis – au même endroit ça vous chavire

  on marchera comme on voudra mais on marchera droit
  on marchera en crabe, on marchera arrière, on marchera comme on pourra et quand on pourra pas eh bien on rampera
  droit ou en crabe

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