marche devant n’est pas content

  on se retrouve souvent c’est sans vision
  gueule de bois à la vitre de verre pour l’instant je navigue
  à vue
  à perte
  disons que je me perds de vue

  je ne dis rien je tombe juste par terre et sans mémoire
  le néant n’est pas vide, n’étant pas contenant, me voilà qui suis vide
  moi qui suis vide je me le dis, je me le dis en chœur
  – m’écouté-je seulement?

  attristement l’écho
  un jour me reviendra
  les dents givrées, et plus profond encore qu’un camion dans la boue
  grignote par ci grignote par là
  j’ai l’impression d’être une tombe
  dont le mort s’est levé, le mort s’est évadé

  on n’obtiendra rien de moi ni de chancelle
  je niche en la gueule du loup, or le loup ferme sa gueule, ravale sa salive
  étreindre le temps ou quelque chose de similaire, qui tremble sous les draps
  n’en décrochera pas l’aiguille, n’en rembobinera pas le fil
  mais quand même

  quatre fois mon navire il est coulé, gisant par quatre fonds, y allant par quatre chemins
  le petit frère des pauvres se balade mais il a oublié quelque chose
  et il a oublié ce qu’il a oublié – peut-être même a t-il oublié qu’il a oublié et ne sait-il pas qu’il cherche quelque chose ou pas
  alors on dit qu’il flâne aux quatre horizons, clopin-clopant à contre-temps, couchant sous quatre ponts
  – mais pourquoi quatre?

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