plus près de rien, plus près
de rien encore, j’attends
le néant qui ne m’at-
tend pas, et rien
ne me distingue du néant que
l’attente, attente du néant
: l’attente est là pour ça
creusant le rien
j’attends rien: j’attends
d’attendre
une autre fois sans plus
un autre jour et c’est
le même, permanent
par tout corps en tout esprit
mais j’arrête là, et l’arrêt là
sécrète encore l’attente
je suis mort à présent
du moins jusqu’à ce que mort
s’ensuive, m’affranchisse du présent
en attendant je meurs, puisqu’ attendre
c’est mourir, c’est à dire en être
réduit au temps, au temps pur, dépouillé
du présent – l’attente
est le temps pur
attendant quoi, attendant rien
– quoi d’autre? donner une forme
au rien, un alibi à l’absence de crime
attendre quoi attendre rien: attendre
n’attend pas, n’attend
que l’attente se passe
or l’attente
ne passe pas
c’est ainsi qu’on me parle, c’est ainsi
qu’on me tutoie, moi qui ne
me tutoie pas, et c’est pas
moi qui m’appelle, pas moi
qui me réponds, non c’est pas moi
qui me
parle

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