instant mythique, vide abyssal

  on n’a plus tout le temps, même pas le quart. l’éternité s’est figée, je crois qu’elle m’épie à travers l’œil hagard, globuleux et mauvais de tout instant. j’avais sommeil mais ça va mieux – cela suffira t-il à dire enfin
  que je n’ai plus d’éveil?

  la peur de vivre n’est pas un hasard comme il faut, ni loin s’en faut. je me fais belle dans le rétro, un clou rouillé c’est la marée – qui va, taquine, qui vient et mousse,
  qui se soumet volontiers à tous les mauvais traitements que lui inflige Notre Seigneur des Barricades, astronomique Gengis khan 

  ma barbe s’effrite. je sais bien que tu n’en as rien à foutre, puisque c’est moi qui le pense, voire lève un bras. la terre aussi remue ses vagues, les marées se bourrent la chatte
  d’oursins mélancoliques. je sais même plus pourquoi, j’ai juste envie de pleurer là, à vide…

  la tête à bouche et le corps nu. la tête nue l’anus qui parle, mirobolant. en haut sur le côté un truc s’envole ou prend le large – allez bye bye
  la brouette, la pelle, tout le sable en chantier: miroir gentil miroir brise-toi, ô, au fond de mon vagin-machin

  je brûle d’une autre poursuivie. n’en pouvant plus n’y pouvant rien, je brûle un autre paravent. c’est certain je reste là, comme c’est certain je pars d’ici, coupant les ponts à travers champs
  le reste m’emmerde, tu le sais bien. tu le sais bien que le reste m’emmerde, hein. alors dégage

instant mythique, vide abyssal

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