la route a fait fausse couche

  j’ai pas d’beaux yeux tu sais, même en leur soufflant dessus.
  je connais le lankavatara sutra par chœur à l’endroit comme à l’envers, mais le mot de la fin
  m’échappe on dirait bien
  que j’ai glissé dessus

  cette condition me laisse perplexe
  j’ai pourtant toujours été mauvais élève, n’ayant réponse à rien et cancre d’un mauvais sommeil.
  le plus bel instant, celui où la lumière s’éteint, où le suprême retrousse ses jupons et où se perd même le courage
  de dire adieu

  couler plutôt que se noyer; ressusciter direct sur la croix, mauvaise donne
  foutu temps.
  éjaculer son âme dans le vagin marial, oui mais se fracassant la tête
  contre l’hymen intransigeant
  foutu temps

  je n’aimais personne
  je n’aimais personne non, vu que l’amour
  n’est que la massue de la mort, sa flèche son astuce
  son sexe appeal.
  l’explosion soufflant le feu, le suicide tuant la mort, j’aimai donc éperdument.
  une fois mort que faire – une pelle à l’endroit,
  une pelle à l’envers

  c’est une vie fantoche, un degré moindre
  le sexe mou d’un dieu défroqué.
  je sors un as de pique – qu’en déduire? rien.
  je t’embrasse sur la bouche, je t’embrasse dans la bouche – le crabe d’une langue, la langue d’un serpent
  me recrache tout nu, tout confus
  : j’me suce la mort

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