perdre mon bâton m’a dit

  je ne sais pas. à l’endroit comme à l’envers je ne sais pas. d’une invite à la reine la main blessée, main retournée. bâton secoué je m’en remets
  à votre discrétion 

  seul se voit l’invisible, parait-il. sur mes genoux s’étale une table, une table sans nappe. et sous cette table un larron poussiéreux, sifflant misère
  rabote les carreaux, n’en soyons dupe

  j’ai peur d’un bruit étrange. il résonne chaque fois que je craque. ou que je lâche. n’ai nulle pitié de moi-même, ignorant cependant où je vais
  j’y vais comme ça, par habitude, dans le sens d’une désorientation

  ventre de loup, caresse, oh ventre de loup. je m’aidai d’une canne, la canne est en papier. tu traverses la rue or la rue ce fut moi
  c’est la mauvaise saison, et sa seule raison d’être effectivement. fut-il imaginaire tous les hommes éjaculent, transcendés
  dans le trou d’un soupir

  on ne survit à rien. enfin, pas moi. un peu de sel sur la cuisse, une pincée de comment vas-tu, non, pas mieux qu’hier apparemment
  et par mesure de précaution on s’est retiré l’œil, du doigt – des années sûrement pas, et à geindre 

perdre mon bâton m'a dit

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