des bourreaux de paresse

  la perte de réalité ne restera pas un vain combat
  c’est courageux de dire ça, même si peu convaincant
  c’est comme dès l’aller ne penser déjà
  qu’au retour

  j’ tournais en rond
  j’ tournais en rond pour être sûr que le parcours ne comporte ni commencement ni fin, ni mobile apparent
  quoiqu’il faille se méfier tout autant si ce n’est même davantage
  des inapparences…

  on se mariait bien, toi à l’envers moi à l’endroit mais à l’endroit de rien
  car je n’ai pas d’histoire, ou pas plus d’histoire que celle qui m’invente quand je crois l’inventer

  j’ai un mort dans mon corps
  ça fait de moi l’âme d’une tombe, ou le tombeau tout court
  il faudrait que quelqu’un en me marchant dessus ressuscite le mort dedans, que celui-ci se lève et s’enfuie
  ce qui ferait de moi un corps sans mort, un tombeau vide – un miracle inachevé

  tu jettes la pierre dans le carreau et c’est la pierre qui se brise – t’as l’air malin
  alors passe le marchand de pierre et là tu te demandes mais comment t’en es arrivé là, sans un rêve…

  je n’ai pas de papiers, et je n’ai pas d’histoire non plus – je suis un sans-histoire, un loup hors de l’histoire
  je garde pourtant collée à moi comme une seconde peau cette horreur de la nudité
  me voici donc contrarié

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