dormir n’en fait pas l’tour

  j’écoute les choses, et depuis que j’écoute les choses je ne suis pas tout à fait mort
  depuis que les choses se sont mises à se taire
  j’écourte mon ombre mon ombre se résorbe
  elle s’pisse dessus

  les chants m’ont déformé la glotte – à force de n’être personne je finis par être là, souffrant pour soi, caressant les couilles molles
  de la souffrance. il n’y aura plus, jamais,
  de souffrance

  parce qu’on abandonne, on laisse tomber, on
  dépose les larmes – on est des gens bien élevés sans doute…
  dieu est dieu mais dieu est nu, n’est dieu que nu.
  j’avale une gorgée, je pleure quelques cailloux, je m’agenouille 
  plus je tombe et plus je grandis, j’ai l’impression

  on ne fait plus comme si, ce n’est plus l’heure
  nous sommes la vierge accouchant du temps présent, c’est à dire à la fois éternel
  et couchant.
  croît l’infini et on s’en fout, on s’en fout
  précisément parce que croît l’infini, l’exil à 360°

  depuis longtemps déjà
  et sans doute à jamais
  jamais c’est clair

dormir n'en fait pas l'tour

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