pas à pas je
m’enfonce dans la nuit, chaînon manquant
clignotant borgne
plus je grandis dans ma tête et plus le monde y rapetisse, parlant pour ne rien faire, mentant comme il respire
mais respirant quand même
le cœur apatride, et l’effort minimal requis pour se maintenir à flot. qu’il est triste également de ne rien avoir à gagner, d’une liberté sans gage, risque,
ni conséquence
il n’est personne
personne
lettre morte tombe l’écho
tombe l’écho
nuit sans sommeil, vie épuisée
hors-sol
hors-ciel
triste raisonnement
on admet la perte effarante du temps. on admet le non-sens absolu, condition sine qua non à notre laisser-aller, à notre vol plané. on admet volontiers la volatilité des serments, ainsi que la présence des calvaires aux lieux-dits de nos secrets rendez-vous
on admet rien du tout en fait, mais faites le tour de soi, rompez la fluide ligne de front
et alors on verra…
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