je ne sais pas mourir. je suis
né de mauvaise mère
un trou
rêche à la place du
ventre doux, et ça ne
se répare pas, ça on en a
déjà parlé
mon
cheval en p’tits morceaux, mon ours
à la patte arrachée
je berce une peur, une peur en moi, do-do l’enfant-do, une angoisse
fondamentale
je ne suis pas
le fils d’une mère, ni l’homme
d’une quelconque humanité – j’ai perdu
mon chausson c’est grave, j’ai perdu
mes mitaines, perdues où – je
ne suis pas: j’erre
sur place
nique ta mort
à tous les stades du manque, ou de la déficience
alors je dors avec mon rat
je dors, avec ou contre la porte fermée
je dors tout nu
sous cent tonnes de boue
– la nuit aspirerait-elle
à plus de nuit encore?
c’est la même mer, elle pue pareil, à peine moins froide. il faut bien
habiter quelque part, ici ou là
– je n’y arrive pas, jamais
à être là, où justement
je ne suis pas
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