pense à la maison

  j’ai plus de route que toi, même à marcher sans phare, les freins lâchés les chiens
  définitivement hors abois

  rentre à travers moi, pense à la maison – elle ne reviendra pas te 
  lécher les genoux

  la souffrance ou la pitié à l’égard de soi-même, bénissant les espaces auxquels je 
  ne participe pas

  j’aime ta vie sans rien sentir de mal, sans que s’y pose au creux d’un geste las
  le regard d’un absent

  on se croit un homme dès lors qu’on tient debout, on se rassied
  pour nos communs besoins, nos
  paresses exclusives, passions térébenthine 

  je sais pas ce que tu attends de moi. probablement rien. probablement le froid
  errant dans les couloirs
  à l’affût de l’homme tombé

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