dessous la mouette

  les routes convergent vers quelque chose de plus sûr que toi: un chagrin
  indélébile

  je vais mourir et dans la nuit qui vient, dieu traversera la nuit comme une étoile
  douce-filante

  le temps compte. le temps ne compte pas mais tu comptes le temps. il faudra arriver
  à le dire autrement

  nos musiques sont là, quasi éteintes
  on n’y voit presque rien et l’on se dit c’est donc à ça
  que ressemble le monde – un monde sans toi…

  je n’aime que dieu, pour autant que dieu ait été le piquet, dieu ait été le pilier, dieu ait été
  la marée haute à marée basse

  ainsi en fut-il de tous mes souvenirs: un pied nu
  trempant dans l’eau glacée, une verge ensanglantée
  couchée dans l’eau gelée

  le pieu dans la fontaine, et la fontaine qui coule – comment fais-tu
  pour me briser ainsi

  on ne se dépêchait pas, on avait non pas tout notre temps à perdre, mais nous à se perdre dans le temps, hors du temps et même au fond du temps quand il y faisait froid et qu’on n’y voyait rien, la gloire en tout petit,
  l’instinct en un éclair

dessous la mouette

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