je fis le mort – quel mort je fis

  tu avances avec la main droite, et comme ça ne suffit pas tu avances avec la main gauche.
  quelque chose toujours
  s’écaille.
  tu perds le nord ou bien c’est le nord
  qui te perd – en tout cas toi tu ne le sais pas, toi
  tu ne le sais rien

  tout ce que tu as fait pour moi c’est de remâcher
  les vieilles herbes, et de me les refourguer directement
  de ta bouche à ma bouche, en poussant un peu avec la langue, en enfonçant dedans
  . mais devant dieu je posai nu

  on perd toujours
  un peu de sang dans mes histoires, ce sont histoires
  d’un peu de sang – on sentait toutefois remonter jusque là
  des choses… des choses à qui l’on aurait dit vous, des choses
  qui veilleront après nous, terrés sous les décombres

  il ne se passe
  jamais rien chez moi, chez moi est si petit: ça mesure
  à peine l’ombre
  de la porte d’entrée, s’il y avait une entrée mais n’y a qu’une sortie, hermétiquement
  close quoique passablement
  ébréchée 

  je marche à ton côté
  tout le long, tout le large, je marche à ton côté
  car ton côté va, de long en large, ton côté plonge
  et je plonge à côté, du côté ou tu plonges, de long
  en large et jusqu’au fond, si profondé-
  ment seul

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *