tu fais dodo dans ta case départ

  j’avais un navire. j’avais un navire mais je n’avais pas la mer. peut-être que toute la mer était montée dedans et l’avait enfoncé. toujours est-il que je ne dispose plus de navire désormais. que la mer s’est retirée. seul est resté le fond, parfaitement désert. et très propre

  ce que j’aime en vous ce sont les choses que j’ai oubliées de moi-même, définitivement

  une nuit a posé sa tête sur mon épaule et s’y est endormie. j’ai posé la mienne sur mon autre épaule pour me mettre à rêver. le rêve n’a pas pris le relais

  ce à quoi je ne serais pas étranger m’aurait pris la main chaleureusement, m’aurait reconnu spontanément et m’aurait assis là, sur ses genoux ou sur une chaise à côté. il m’aurait dit alors raconte et moi je lui aurais simplement avoué que je ne sais pas embrasser

  ce n’est bientôt plus la mort. la mort est quelque chose qui s’enfonce dans la mort. la tête la première, comme un enfant qui naît. comme une chose qui naît, et qui à partir du moment où elle naît devient enfant. en définitive on ne quitte jamais ce dont on se sent originellement arraché

  je ne me rends compte de rien. ni la possibilité pour un enfant d’avoir mal à soi, au plus profond de soi

tu fais dodo dans ta case départ

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