elle a mis son collant jaune

  elle est tellement fatiguée elle dort sans me demander merci
  évidemment que l’on ne mourrait pas si l’on n’était immortels: seule notre éternité peut s’offusquer du temps, présent ou non
  d’un pas subtil, nous mettons-nous hors de portée de route

  quel est le jour qui t’aime, le jour qui ne te demande rien ni n’exige en retour, les yeux qui clignent enfin
  je n’ai rendez-vous avec personne, m’y rendant d’autant plus présent

  vivre n’y était pour rien. vivre ne faisait pas réellement la différence. mais vivre semait la folie un peu partout derrière soi
  devant soi vivre dansait, lascive. non, pas lascive: obscène…

  devoir se justifier d’exister, un luxe qu’on ne pouvait plus se permettre
  un mince matelas à même le sol nous contenterait largement
  dur le sol, léger le rêve. on ne s’aperçoit de rien et c’est tant mieux comme ça

  se suicider marquait l’allure. il eut fallu des années. or les années, c’est ce dont nous ne disposions plus
  il eut fallu rétrécir un petit peu, rien qu’un petit peu, en se disant par exemple qu’il était déjà trop tard pour ça, pour le reste
  ou pour n’importe quoi

  pas de confidence sans confident – quoique…
  pas de pardon sans trahison. je marchais je ne dirais pas sans savoir où j’allais: je dirais je marchais sans savoir que j’allais

  contraint à l’humilité, je me posais la main sur le ventre. ça n’irait pas forcément mieux, mais ça révélait probablement quelque chose
  de moi ou même de moins

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