remarque-moi dans l’utopie

  bon, je n’sais pas: je n’sais pas
  qui pleure à présent
  – peut-être une toute, toute petite taupe
  peut-être un abri
  cotier sec

  et par une toute
  petite bouche
  se dit l’universel, des bribes, des bulles
  d’universel, des miettes, des ruines
  universelles

  j’ai la nostalgie
  d’un corps étranger
  une impulsion soudaine et mon abonnement
  à l’espace numérique

  on peut toujours aller plus loin. où ça? plus loin. de quoi? plus loin d’ici – c’est
  tellement infini qu’on en rêve ou si on n’en rêve pas , c’est
  bien qu’on ne rêve plus…

  je retourne à l’envers parce que ça m’a vraiment plu – dieu
  se substituant à la mort, le monde
  se substituant à dieu – avide de caresses, l’animal tout au fond
  de soi tout contre soi

  un chien abonde dans mon sens, v’là l’équinoxe
  ma mort fleurit les tombes, la thermos
  garde le café chaud

  c’est triste à dire, plus dur
  à penser encore: seule la mort
  nous aime, nous aime le fond de l’âme – elle nous réserve
  tout l’orgasme possible, passible d’outre-joie
  : s’expulser

  je voudrais vivre ailleurs. où ça? ailleurs. c’est quand ailleurs? ailleurs c’est quand
  quand se disloque, c’est quand
  où s’utopique…

  vivre est un homme
  qui mange en haut
  il faut dormir maintenant

remarque-moi dans l'utopie

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