ne pense pas. ne pense à rien. la terre entière se noie dans un chagrin modeste. sur la tombe une
fleur en plastique
défie l’éternité
un ver de nuit, noire. tant que la nuit est noire. cependant guère ne luis
je débourse une obole – elle ruisselle
dans la bouche fermée
le vent n’ayant
pas de trou, on peut pas vraiment faire quelque chose avec lui, ou de lui. par exemple le pénétrer. je n’ai pas d’autre exemple
en tête
toute la cuillère, dedans. en dépit du fait qu’elle ne contienne rien. rien ne nous
étant concédé, nous tombons raides, droits sur nos chevilles
nous cédons quelque part
je n’imagine rien. tu me prédis l’instant, tu me demandes à quoi ça ressemble
de n’être pas. même pas à rien. je ne trouve pas, ne
cherche pas
un jour tu me découvres en entier et alors tu t’aperçois que
je n’existe pas. tu pleures sur mon épaule. tu pleures même tout en moi, esprit pourtant
sans particularité
mourir devrait sentir mauvais. bientôt le ciel s’ouvre en moi. on dira qu’il est de ce versant-là, on dira qu’il est de ce versant-ci
d’la morgue
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