celui qu’on embrasse au milieu de la bouche

  je reste avec toi
  le long des corps, la rouille au clou, je reste
  avec toi, langue pendue, cercle vicieux
  il n’y a rien à dire et c’est ce que nous disons, c’est pourquoi
  nous disons. l’heureux mensonge

  n’éclate pas l’huître.
  un peu de morve coulera de tes nom, prénom, date et lieu de naissance…
  l’autre non plus, répond absent
  et par mégarde le mégot. use la pluie

  impossible d’arrêter de (se) mentir. regarder les choses
  non pour la première fois, mais de toute éternité. d’un instant zéro. d’un simple recours à
  la circonstance. rien ne me
  fera honte d’être vivant

  seul un homme en moi s’harmonise. le reste
  tombe en désuétude
  les ruines vers le bas. l’espace augmente. les mauvaises herbes, tirant profit de chaque instinct
  recouvriront tout ça

  si l’on n’avait crucifié dieu, il ne servirait à rien
  – du moins d’être un homme…
  je planque mon fric. je planque ma misère. me rase la tête. me rase le mur. quoi que j’aie ou n’aie pas, je planque. je rase
  en beau témoin de rien

celui qu'on embrasse au milieu de la bouche

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