chien-balai

  je veux boire encore. parce que je ne sais pas où je vais. et pour ne pas savoir où je vais
  c’est à dire froid au bout, le cœur élémentaire. ma vie
  par le crispant du sens. l’héritant tout en douceur
  d’une misère…

  même un chien
  n’en voudrait le quignon. un couteau dans la plaine…
  il fait beau quelque part. c’est chiant à dire à penser à cramer or il fait beau
  quelque part. je n’y suis pas évidemment et de n’y être pas,
  je reste là sans là

  le taureau par les cornes, le taureau par les couilles, une simple caresse
  suffit à m’amadouer. je pleure debout
  ça s’épand mieux comme ça, levrette du chagrin, mourir ne sert à rien. je pleure
  debout

  ceux qui sont morts tombent debout. on essaie quelque chose. on espère rater tout
  bizarre comme nul en moi ne s’oppose fondamentalement à la mort. il faut bien
  qu’elle nous mange. il faut bien
  être mangé quelque part, à partir
  d’un bout qui traîne

  je n’ai qu’un dieu. j’ignore où le trouver. j’éjacule parfois
  j’éjacule n’importe où.
  je voudrais mourir en toi, pisser sur tes glaïeuls. je n’y arrive pas
  là où j’arrive, tout s’est déjà enfui

  nous sommes les hommes d’un dieu tournant. et puis le garçon que j’aime
  . quoi, une vie?
  rien, une vie.
  on se blottit dans un coin. les révolutions
  sont les révolutions du sens

  j’ai froid un peu, entre les yeux.
  on n’avait jamais vu ça, mais alors jamais vu ça. un homme
  est entré dans la gare. un chien
  est sorti par hasard. genre nous sommes des héros pour la vie
  des picards sans destin
  et ça se sent

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