se balader en pleine nature ne la rendant pas plus belle, ni moi meilleur, je suis
resté chez moi, et comme
évaporé dans l’air ambiant
figé en vol…
il ne me reste qu’un couteau
le geste y est passé
le sperme, l’aorte, la larme close y sont passés
il ne me reste qu’un couteau, dont le manche est tombé
comme on tombe à genoux
quand on en a les genoux
un chien s’est mis à poil, il squatte ma baignoire
du coup je n’ose plus m’y baigner, du coup je pue d’la chatte et des aisselles
des semaines durant, des semaines ignorant
si je rêve ou si je rêve
ou si alors c’est le néant, si le néant c’est ça: un chien rasé
vautré dans ma baignoire
un homme n’aurait jamais du tenir compte de moi
nul homme
jamais
nul homme ou nulle femme
nulle bête, nul dieu
et j’eus pu respirer enfin, à pleine pompe
du fin fond de la tombe
un chien n’a pas d’espèce, il vagabonde, il est obscène
c’est l’image de l’homme hors lien, hors fidélité – la vérité crue de l’homme sans reflet
par où il jouit, par où il crève, par où l’être lui manque et le manque déborde, excède
de toute la violence du manque
c’est comme si on m’avait enfoncé une croix dans le corps
comme si on m’avait fait avaler un vivant crucifix
et puis le christ en a eu marre, il s’est barré, m’a laissé là, seul comme un con
vidé de grâce, vidé d’affront
et sans passion…

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