les gueules de loup

  nous nous tenions la main par la même seconde. et c’est à la même vitesse, à la vitesse d’un nœud…

  chanterai sans un son, respirant sans un souffle. tu me demanderas pourquoi – il n’y a pas de raison. où est une raison, c’est le pourquoi qui saute

  l’espace vide et de lumière. en attendant je refourgue le don de prophétie aux zonards, aux migrants de pitié. moi aussi, je vis pour rien

  allez j’arrête. je ne décolle plus de l’animal astral. mon cerveau se dilate, vulve à l’avenant. mon cerveau se délite, cierge rampant grave

  car la grâce se réveille là, en pleine vacance. là-même où la loi inopère. alors qu’à l’autre bout de moi, pendues au-dessus de leur tombe, mes amantes
  se languissent…

  elle me dit dur, ogre ascétique. elle me dit clown tendre, ours pelé. elle a du oublié le PQ usagé qui me pend aux branches des lunettes
  et l’ idée-même de dieu…

les gueules de loup

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