à fond de cale

  c’est la dernière fois que je te dis merci, ou pitié selon le contexte. la prochaine fois fourre-toi la queue dans l’œil
  j’aime une chaise. je n’ai jamais aimé
  qu’une chaise

  tout ce que la vie m’accompagne et flop, elle en perd la moitié en chemin
  ça compte pour du beurre mais on peut plus sentir le beurre – n’ayant plus rien à perdre c’est à dire le luxe enfin de
  ne plus avoir
  rien à compter

  une deux trois j’irai dans les bois. j’aime pas les bois. j’ai peur dans les bois
  ton ciel à moi il est à toi, il t’ouvre grand les bras, le cœur, le sexe
  un escargot blessé. la marrée en apnée

  tu parles ou tu ne parles pas. ça finit
  par ne plus faire différence. je t’embrasse
  ou tu voudras qu’importe, que m’importe, où tu voudras c’est bon on s’en
  contentera

  un vide entre les jambes, simulacre de hara-kiri
  j’aurais pas du te parler ainsi, j’aurais pas du te parler du tout
  d’un autre côté, j’aurais pas du me taire non plus
  nous n’étions pas faits pour nous entendre, mais seulement pour naître
  avec un os, au milieu

  c’est la toute dernière fois que je te pense. dernière fois que je pense tout court. à partir d’aujourd’hui, maintenant ou désormais
  serais-je ainsi comment dire, simple dommage
  collatéral ou respiré-je encore, entre deux
  souffles creux…

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