évidemment je suis mort dans tes bras

  après une bonne averse, plus rien ne vit chez moi. la ligne est morte, la chaise – il faut que je t’explique – la chaise, tient à peine debout. elle branle sur ses pieds

  les étrangers font la queue. les autochtones eux auraient plutôt tendance à s’éparpiller, se confondre aux tendances du moment. parfois l’un ou l’autre s’échappe, se goure de chemin. alors on sait plus si c’est lui l’étranger, ou si c’est l’autochtone

  caresse-moi l’dindon. et quand je lui sort ça elle dit tout simplement ne tremble pas. tout simplement donc je tremble pas or ça s’avère pas si simple que ça. elle boit une gorgée de travers alors moi d’un coup sec: ne t’étouffe pas

  c’est tellement triste chez toi. les vivants n’y restent pas longtemps. juste le temps de tirer un coup, même pas. ils ressortent le pantalon sur les genoux, pendant que je me gave de friandises

  ressusciter ne fut pas le plus dur. je me mets mollement à courir de temps en temps, mu par l’idée stupide qu’ainsi je serai moins mouillé, ou mouillé moins longtemps. tu parles…

  il ne faut pas s’attendre à grand chose. surtout depuis qu’on ne s’attend plus à rien. et si un fait se produit exceptionnellement, mécaniquement j’allais dire même accidentellement, mieux vaut ne pas lui accorder crédit

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