la nuit selon ses bruits

  la nuit colmate aussi les brèches – c’est pour ça qu’elle est nuit
  pour ça que je pousse là mirobolant, tragique entre deux bornes
  il y a le jour où je ne suis pas et l’absence
  où je fais nuit

  non vraiment la mort est si fragile
  que l’on n’ose y toucher, je n’ai plus d’expérience
  j’embrasse entre les lèvres dans la mesure où les lèvres
  s’entrouvrent, létales

  qu’un homme viendrait qui ne servirait à rien, sauf à épeler les vagues
  quand elles échouent, puis quand elles se retirent, c’est un parcours étrange et je n’en suis
  ni le traceur, le géographe
  ni l’ironique épitaphe

  tu pleures à quelque chose, c’est à dire que tu pleures
  à presque rien, ou à quelque chose qui côtoyant le rien finit par signifier le rien
  une chute imite un chant, un homme
  ne se rend coupable de rien

  il est là, en partance
  une vie ne lui indique ni le sens de la pluie quand elle tombe, ni la route
  d’un éventuel retour. un ciel
  s’étonne encore de s’étonner – en s’approchant et en regardant au travers, on a l’impression
  de revisiter l’origine à
  bien peu de frais

la nuit selon ses bruits

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *