j’effleure la transcendance. ou j’effeuille
ton cactus. te parle entre les dents, juste dessous la langue – parait-il, poisson fétide
que ton père est décédé. paix à son âme
paix à toute âme. paix à ton âme aussi
ce n’est pas de leur faute s’ils tombent l’un après, après ou avant, l’autre: c’est qu’ils ont abdiqué
je me retrouvai nu au pied de l’immeuble de tes parents. je pensais avoir tort, par pure précaution
je procréai mon tour venu. éjaculai dans un cactus. je me dis alors qu’un jour viendrait, quand bien même
un jour ne viendrait pas
c’est un talent, et je n’en eus point, ainsi préservé de tant d’inanités…
en homme du peuple sans le peuple. je te gratte les fesses. mon doigt sent la mort
les traces dans la neige disparaissent à la fonte des neiges. je m’embourbe qu’importe – on assume et on crève
même en assumant on crève
alors voilà
j’ai peur qu’une certaine chose (ne) m’arrive
et j’en ai tellement peur que je finis pas souhaiter qu’elle (n’) arrive, triomphale illusion
j’ouvre la fenêtre à une mouche pour la délivrer, c’est idiot. je passe mon bras autour de toi:
ce n’est pas tant ton absence qui m’intrigue, que la douceur en moi
de cet effondrement
d’être né étranger, ça veut dire n’avoir nulle part
où revenir, les deux pieds côte à côte
revenir est interdit, le lieu maudit
je me protège je me protège je me protège, tout en concevant
qu’on ne se protège pas
de
ça
ils me croyaient sexe, ils me croyaient mort, tandis que je n’étais
qu’enfant perdu, cure-dent planté dans la gencive, caresse inopportune
un chien m’aurait mordu, ou j’ai mordu un chien, je ne suis plus très sûr…
que le destin n’existe pas, comment lui/se pardonner?

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