mords-lui les lèvres

  vivre avec si peu
  que la joie ne trouve plus
  d’obstacle, ni de gros mots
  à raturer

  ainsi partis
  raqueniqués
  où s’entrouvrent nos bras, les malfaisants

  on ne parlera
  plus des morts, on laissera
  tomber nos noms, et les noms de nos femmes
  en plus de nos smartphones

  j’ai peur de toi, de ton
  combat pour mon égalité
  je crains un sioux, lové dans le
  formol de nos bénédictions

  les rameurs à
  contre-courant, danseurs hors piste
  dormeurs contre la montre
  y verront clair, tournant de l’œil

  sabotage
  général, magie concrète
  j’te lave les pieds, j’te broute la touffe, un matin vient
  par où il en
  ressort

  de ma disgrâce
  le cercle lent, l’horloge brisée – plus rien
  ne me distrait…

mords-lui les lèvres

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