une distance te meurt. et cette distance-là délimite l’espace de ta résurrection, quelque part entre le cri natal ex vagina et le temps de
le ravaler
tu te coiffes avec les doigts. tu te grattes et c’est tout comme. le cuir chevelu. parfois tu ne te perçois plus, ou seulement à titre
antipersonnel
il y a du sable sur le sol. avant on parlait plutôt de boue dorénavant c’est du sable et quand il pleut, c’est sur le sable
qu’il pleut
tu inventes une histoire. tu te tournes, décroises recroises les jambes. plus personne à part toi et peut-être quelque mouette
ne fréquente de banc
tu ne trouves plus d’histoire. tu cherches fouilles tu creuses, les histoires sont mortes. taries. tu trempes le bout d’un pied
dans la cendre fraîche
tu pleures tout le restant de ta vie. le restant de ta vie c’est long. l’éternité c’est long. plus long encore,
l’après-éternité
un jour tu l’appelles comme ci. un jour tu l’appelles comme ça. tu sais qu’un jour si tu ne l’appelais pas
tu cesserais d’exister. peut-être alors
finirait-elle par apparaître
tu penses que la mémoire ne suffit pas, ce verre grossissant cette mère forestière. tu penses que seule la mort
guérit de la mémoire. sauf la mer
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