la fille de l’almanach

  quand tout s’enchevêtre de façon permanente, la mer est nécessaire
  une mer, celle-ci ou celle-là, la mer en général
  en général l’étant
  succombe à plus petit que soi
  sauf un dimanche, jour de grève ou jour férié en quel cas
  tout est permis, force prémonitoire
  du rien

  je n’ai jamais eu de chien
  j’en parle tout le temps cependant je n’ai jamais eu
  de chien – à part une charogne une fois, se décomposant entre deux champs arides, christ sans croix ne mendiant
  plus de caresse – outre ça nulle entre nous
  divergence

  si léger le sommeil, et le coma profond
  renoncer à l’éternité fit de nous d’aberrants, d’exubérants sacrifiés
  marcher sur la plage n’arrêta pas la marée
  et personne ne sut qui avait affaire à qui – on se disait donc à quoi bon
  la résurrection

  le vieux parle de chose mais on n’a pas idée
  on n’a pas idée d’un condamné à mort, squattant sa chaise vide
  alors on le tue, ça évite d’y penser
  car y penser ça pue. s’en approcher ça pue. se regarder en face (gare au quidam)
  ça pue. ou bien de biais

  quelle heure oui mais quelle heure – aucune: on s’éveille trop tard
  de réel que l’éveil pourtant, autrement dit le deuil, ou l’orgasme du deuil
  le reste du temps fait comme il peut, plongeant
  plongeant et dans l’inanité primitive, s’abîmant…

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