requiem pour un vivant

  la flamme se détend – c’est un sinistre heureux
  un présage maladif

  avalé le hameçon
  tire par là, tire par là

  reste la peau à sauver
  et très peu d’os, un cas parmi tant
  d’autres tas

  limite n’importe quoi

  quelqu’un glisse avec ça
  glisse dessous

  ou bien glousse en coulisses
  il se rend con

  j’ai l’habitude, c’est ce que je
  réponds toujours, j’ai l’habitude

  mais l’habitude de rien, l’habitude
  à l’arrachée

  quelqu’un
  me soulève une paupière pour voir

  si y a un œil dedans, et quelqu’un
  dedans l’œil

  dedans l’œil un homme
  flotte
  à la dérive, sirène phallique, hareng saur

  simulacre ophélique…

  une dernière fois, dors
  endors-toi, casque au poing
  mange le néant

  une pierre
  d’achoppement c’est grave
  – mange la pierre, gave la pierre

  une dernière fois dors, endors
  la paille dans le dos, rond

  ou le poison sous l’eau

  je me suis imaginé
  quoi, j’en sais rien, que j’en
  sortirais grandi, en quelque sorte 

  à quoi
  dire adieu, s’avouer vaincu, jeter son mouchoir
  par la fenêtre aveugle

  à quoi
  se rendre, nulle évidence ne venant
  me contredire, ni contrebalancer
  la chute…

requiem pour un vivant

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