je marche dans le noir, dans le noir je me sens mieux
le sable gris de nuit, le sable me rassure
que faire sinon mourir, que faire en attendant de
mourir si ce n’est
mourir. ça va comme ça
mon chien n’est pas si méchant que ça, ma bouffe la main oui mais que faire
d’une main la main repousse
du moignon, à chaque geste je te branle le nid, oyé je te branle le vide, oké alors dis-moi
dis-moi comment tu peux et non je ne peux pas, je le fais toutefois c’est donc pour ça
que je le fais tu vois là je n’avance que
perdu d’avance
bruits là. des ans des âges, de glues grises en fracassantes ruptures: j’ai toujours eu dix-sept ans
avant cela je fus enfant – est-ce que ça compte, enfant? et comment réparer tout cela on ne
répare pas tout cela: on croule, et dans le temps long
je ne m’appelle rien, et tu ne t’appelles rien: ça c’est l’égalité
l’égalité par le zéro, l’égalité par le nu, l’égalité par l’orgasme
je te suis mais qui suit quoi, sinon l’instinct d’aller à
sa propre perte et de renaître enfant, quoiqu’on n’ait jamais su
comment, ni comment dire…
je te caresse les seins c’est la seule chose que je sache faire or tu me dis
j’en ai marre de tes caresses, je n’y comprends p;us rien moi, je veux juste sentir
l’odeur obtuse de la mer et le doigt tout crispé, pressé contre
la marée noire, la marée oui c’est ça, la mortelle et c’est rien
rien
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