mon petit père malade, mon parc d’attraction…

  du point de vue de l’homme et toutes ces nuits, plus bas encore toute la nuit…
  s’abîmer en prière, aveugle et sourde prière – réintégrant ce qui simultanément préexiste à l’unité
  et subsiste à son démantèlement

  au volant d’une idée traverser un ciel misérablement creux. éclaircir au passage une absence, avec toute l’aisance d’un canard boiteux, d’une béquille en marche
  croiser un homme sur la passerelle, parler à une femme
  d’une autre femme encore, la lâche confidence…

  je n’ai pas de secret, tout est en soi secret, le garde d’un secret
  je n’ai pas de secret
  l’homme au bout du quotidien, pour entrer dans la grâce,
  devra renoncer au miracle

  je me suis réfugié au cœur d’une parole, évanescente bulle de savon, radeau mélancoliquement naviguant hors concours
  j’ai pu circonscrire le naufrage en dedans, réduisant le moi à l’espace de cette débâcle
  ne débordant pas d’un ongle, ne faisant
  pas de vague…

  l’incertaine ligne de flottaison…
  on voudrait être mort avant même de mourir, passer ni vu ni connu et contourner la croix, l’air de rien comme revenu de tout
  je pose mes deux mains sur ton corps couché, ne sachant s’il vit encore ou s’il est mort. l’absence au bord de l’implosion
  désamorce-moi donc

mon petit père malade, mon parc d'attraction...

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