les morts se réveillent, il suffit de siffler avec le bon sifflet et le morts se réveillent
et que nous disent-ils, et que se dit-on, et quelle envie nous prend-il?
les hommes saute-moutonnent, les moutons je n’sais pas – le saut
quant à lui le grand vide…
un homme qu’on enterre, il faut une paire de pelles
ils font ça carrément au tractopelle maintenant – ne toucherons-nous plus nos morts? ne nous coucherons-nous plus
le long de nos morts, et tout contre eux?
un chien s’est appelé jude, l’autre djinn – cessèrent-ils pour autant
d’être chiens?
emmerde le poème, pars en vacances. surtout quand les vacances ça ne ressemble à rien
un trou dans la flotte, un saut dans le vide, c’est quasi métaphysique
l’élastique coupé, tu aimes un homme, un homme,
ça peut ressembler à un homme, des fois
pluie comme il faut, pluie mais pas trop.
je vis en quartier libre, basse tension marge
déficitaire. les petits plaisirs restants
viennent nous torturer.
et les poissons qui meurent ne (se) doutent de rien, contrairement à moi doutant de tout
sauf de la mort
que peut-on se reprocher à part de n’être rien qu’une porte de dieu, et d’incarner de surcroît ce destin-là, ce résidu, porte battante
ce lieu d’où tout décline, se répudie, et ne ressemble quoi qu’on y fasse, qu’il en soit ou qu’il s’y passe
à rein d’autre que soi, poisson pourri?

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