la vie d’un j’ton

  la chose sans ombre n’existe pas – seule l’inexistence serait sans ombre, si l’inexistence était quelque chose. survivre à sa négation implique d’investir l’inexistence, c’est à dire en quelque sorte d’inexister, ou d’épouser son ombre, ne plus s’en distinguer.
  la lumière résulte de la fusion du corps et de la tombe: dieu le cadavre vivant, l’universel zombi, la vie sans l’ombre d’un vie, l’ombre sans vie de l’acte pur.

  chien de méfiance – tout se donne à détruire. ainsi naît l »amour entre la cuisse droite et la cuisse gauche, à l’intersection desquelles vagit le premier mendiant, l’aumône originelle, sodomie printanière…

  mon homme n’est plus un homme. n’est plus qu’une femme. l’ombre prend vie, et possession. je prends la forme d’une dépossession, j’achète un titre. non je n’achète rien – tout corps à vendre, en tout bien tout déshonneur. la mort purifie, ainsi dieu emprunte t-il les traits de noire hostilité.
  nous aimons or il ne s’agit que d’une chanson, d’une chanson c’est tout: tout c’est à dire tout plus le rien, tout moins le tout, tout plus que le tout qui n’est rien, que l’addition de soi à sa propre soustraction – pas l’enfer non, mais l’idée indélébile d’un paradis errant, en rupture de ban.

la vie d'un j'ton

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