les transports en commun

  un homme est mort, mon cheval mort.
  ce qui se prétendait le but dernier, comme on dirait le dernier homme – survivre au moins, au plus survivre à tout, à rien – ne fonctionne plus
  mourir n’est pas le bout du chemin c’est juste le chemin
  qui boîte un peu

  ton petit caillou m’a dit: rentre chez toi, chez moi tu n’es pas chez toi. or chez moi n’existe pas, il erre entre les tombes, les tombes bien réelles
  tu ne m’apprendras rien, ni que la seule culture qui vaille serait de faire de la débâcle
  une bien triste fête,
  un couloir en papier

  je n’ai plus peur de moi – je ne me respecte pas assez pour ça
  ma foi est telle que je n’ai plus à me défier du doute – le doute nourrit la foi
  – la foi en rien évidemment, sinon ce ne serait pas la foi,
  mais un poisson rampant entre ses deux béquilles…

  la force d’aimer ne m’aime plus, j’ai du crachat plein la bouche.
  je ne quitte plus mon âne – ça a beau être un truand, un fieffé sodomite, une ordure de première, je lui flatte l’échine, je lui parle tout doux
  non je ne nique personne, j’ai juste foi en mon âne comme mon âne en son foin et son foin
  en la pluie à tomber…

  un cheval de troie, rien qu’un tout
  petit cheval de troie
  a défoncé des dizaines, des centaines, des milliers de femmes – et parmi elles la cassandre d’entre elle
  pauvre cassandre (la povera…)
  cette baudruche de cheval enceinte d’un soleil réfractaire, ce murmure à l’oreille d’un mur
  . je souffre d’être le non-être

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