l’ordre des grandeurs

  tel un veuf. tu viens de dire que tu ne recommenceras pas. d’après toi les gens se changent en grues, debout sur une seule patte. matent le vide

  ce qui est sans dehors, sans dedans, s’est emparé de moi. me pousse, me tire-larigot. a pris possession de mon âme. mon âme sans dehors, sans dedans

  il faut qu’un homme dise « assez », et tous de cesser. il faut qu’un homme dise « allez », et que tous s’en aillent. il faut qu’un homme dise « je suis vous », et tous alors le mangent

  une seule porte d’ouverte. toutes les autres sont des murs manquants, des porteurs d’abîmes. une seule porte d’ouverte et je reste devant elle, figé d’avance

  aller contre le vent. la difficulté amplement compensée par la vivifiante panique d’une solitude à toute épreuve. on s’embrasse quand même, à divers endroits du visage ou du corps

  ce qui n’est pas nécessaire me saoule. ce qui est nécessaire m’exaspère. la corde raide traîne à terre. je la ramasse, elle ma rattrape…

  avant le terme je saute du train. je suis ainsi sûr de progresser sans fin. mais je ne vais pas refaire le coup. non, cette fois je ne referai pas le coup

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