les préambules

  un chien sur les épaules d’un homme
  ne le grandira pas.
  je m’écarte du chemin, ou le chemin s’écarte de moi, il n’y a pas d’universel donc le particulier en soi
  ne relève de rien
  tout alors compte, quand désormais rien ne compte

  du gouffre au sommet et du sommet au gouffre, il n’y a qu’un pas, qu’un souffle, qu’une histoire qu’on se raconte ou qu’autre chose  se raconte à travers nous.
  les yeux bandés je traverse le boulevard. j’ai peur. je sais que je mens. je sais dès lors que je ne mens pas, que mon mensonge ne parvient plus à voiler la vérité, la vérité sans objet

  je ressasse une vie. – est-il déjà trop tard? il me faut choisir une tombe. je ferme les yeux et je m’en remets à dieu. j’en appelle à la lumière interne. j’ai beau m’égosiller à tort et à travers le moineau du buisson ne me
 répons pas. je chante où personne ne chante…

  mon petit doigt m’a dit: mange les barreaux de ta cage ils te repousseront dedans.
  j’allume un cierge en l’honneur de je ne sais plus quelle vierge. un glaçon sur le gland éludera la question
  le mort en moi n’implore pas grâce. le mort en moi écarte les bras, crucifié de lumière

  à la fin il ne reste que dieu, en lequel rien ne finit.
  il n’est dès à présent que dieu, et nos yeux s’écarquillent.
  mon rêve est dieu, mon sang est dieu, ma cendre est dieu – je ne sais plus où je commence et où je finis en dieu:
  d’ici-même dieu renaît à sa propre éternité…

les préambules

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