celui que l’on croyait vivant n’a jamais croisé de vérité. il s’est vautré dans la boue subterfuge, s’est arraché jusqu’à la racine des cheveux
nul membre du corps ne me sert. et je ne sers à rien, pas même à dieu. je sers l’angoisse et l’angoisse m’en ressert un
mais ai-je seulement le courage de l’angoisse?
une bonté si simple, désarmée désarmante, un amour détaché
ici les christs sont légions – leurs croix balisent les routes, ces rampantes subversions s’arrachant à la forme
la bouche que j’embrasse me répare mille fois, la bouche que j’embrasse ni ne me crache, ni ne me mange
elle souffle sur ma douleur
au bout du compte nous nous aimons, vidés totalement de nous-mêmes, récurés jusqu’à l’os
n’avoir besoin de pas moins que dieu, rebrousser la lame dans le manche, une éclaircie parfois
vient briser le paysage
et le fait jouir
le ciel me parle entre tes genoux. entre tes genoux l’amour rend fou
ce que je fus, cette part d’inabsolu en moi, toute vouée au néant, constitue l’essence-même de la déité
je me rapproche inexorablement de moi, et quand du bord du gouffre je lui tends la main,
il me la mord…
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