la porte a tout détruit la porte
a chié sur la lumière, je me promène là, mains trouées dans les poches
je me promène c’est beaucoup dire, disons plutôt que
le vent me pousse, le vent m’expulse
vers les déserts sans dent, ni langue
toute vie ratiboisée, tout amour défiguré, je jette
les pelures par la f’nêt’ je jette
les pépins dans la cendre, le cendrier le vieux mégot, le vieux mégot cramé, seul le mort
saigne encore
ma mère m’a dit va te faire foutre, sors de mon trou, maudit
je voudrais bien mourir, me manque
le pissenlit – j’imagine pas ça avec
une corde ou une flaque. ça sent bizarre, le pissenlit…
arrête avec ta chatte, arrête!
à cheval sur un âne, je viens si près, si près de toi que
j’en toucherai jamais la ligne, d’horizon de flottaison, ni le premier atome
de l’haleine à ta bouche, j’ai le sang vermoulu
j’envie ma mort, j’envie ma mort en tout
je respire à contre-temps, une baise d’amour en guise de langue chaude
ou de queue de cerise – c’est à dire que
je ne pense à rien, esthétique cadavre, petite dent raclant
le cercueil vivant…

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