tout par terre a ses yeux. tout par terre
ne sait comment y vivre: elle va sucer son pouce, elle va
parler aux animaux dans la langue des sourds, jamais personne
n’eut le cœur de
la démentir
elle sait pas comment faire avec les doigts, où se placer les dents, elle se lave
tous les deux ou trois jours à l’eau froide, à l’eau chaude quand’ y en a – ça fait longtemps
qu’elle a perdu le talent
elle ralentit un peu
elle ralentit depuis
on passe énormément
de temps à s’abriter, à s’épouiller la nuque et sous les bras, pour pas dire davantage
mourir heureux cela n’existe pas, il faudra revoir mon poème – on passe énormément
de temps à quasi rien
ça ne mène à rien, tu vois bien que ça ne mène à rien
elle se retourne d’un air mi-
amusé mi-inquiet, elle me dit ça va pas? elle me dit que dis-tu? comme ça, avec l’accent aigu
à l’étroit dans le creux ne remue
donc pas trop
les boules de neige dans le gris absolu, je ne les ai pas inventées
les boucles d’oreille ont roulé jusque là, et si les morts entendent ils ne t’entendront pas, qui cherches en toi le doigt
qui cherches en soi le toi
on se repasse de l’un à l’autre le mouchoir, l’anneau, l’envie
de faire quelque chose avec rien, de faire l’amour depuis
cette zone trouble entre les jambes, et un peu au-dessus, toute honte bue
aux lèvres du cloporte…
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