ou la vision d’un homme sa femme

  la pluie tombe dans ses bras
  pas autre part oui, juste dans ses bras
  à demi ouverts
  à peine de quoi
  se mouiller, oui, je crois
  lui caresser les dents

  paix à son âme s’il y a une âme
  s’il y en a une et s’il y a
  une paix
  et sinon rien
  sinon dis-lui que moi non plus, je n’existe pas
  et sinon rien

  un mur de cendres
  un autre mur, à la place
  et celui-là de cendres aussi
  d’usure, si la peine s’usait
  de peau, si la peau
  s’estompait

  je m’oppose à la venue, la venue rude
  – flotter
  à la surface d’un trou, fébrile
  y laisser tomber quelque chose, quelquefois, se donnant ainsi l’air
  de perdre quelque chose, peut-être même
  de souffrir

  la nuit des temps
  la nuit des temps n’y compte pas
  d’ailleurs je
  ne compte plus
  à rebours de toute intention, si innocente fut-elle
  or innocente elle ne fut

  proche, très proche
  d’une absence de but, le slip à la renverse
  et j’en passe… j’en passe comme à travers les fi-
  lets de la maraude
  …

ou la vision d'un homme sa femme

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