miracle au bout du chemin: un chemin.
et un miracle encore, tout au bout du miracle.
rien ne se passe
tu as beau le remuer dans tous les sens, rien ne se passe
les morts sodomisent les morts, les vivants font la queue
la queue plutôt basse, ceci dit
soi-disant qu’ils s’en foutent, qu’ils clament loin devant le chant rauque ou le rire
fou de leur innocence.
moi aussi je m’en fous: je suis atemporel après tout
atemporel pas pour longtemps, un semblant d’éternel
avec un doigt d’honneur en forme de souvenance, adressé
pour tous ceux qui s’ensuivent
pour tous ceux qui s’enfuient
à mon singe mécanique
la balle hors de tout camp, le registre défunt
j’assassine ma mémoire et me retrouve le pantin de ma mémoire
je coupe les fils – mon dieu que la mer est mauvaise
la mer est mauvaise, la mer sent mauvais, la mer
me rabâche-mémoire, boucle teigneuse
je n’ai pas d’âme non plus. il faut bien
faire avec
faire avec sans, il faut bien
descendre dans la rue, hurler
ou simplement déambuler: il n’y a pas de rue sans marcher – marcher
invente la rue, redresse un spot
s’assied là sur un banc, en suspens sur un banc, se réfutant
à mesure qu’il avance…
une deux trois je suis mort
une deux trois non, finalement je ne suis
pas mort, pas tout à fait encore – juste assez pour
qu’on appelle ça vivant, et d’autant plus
d’autant plus vivant que je suis mort, une parodie
d’être humain, mon je est une parodie
d’être humain et pourtant
– non, pourtant rien
mon petit frère
les oreilles décollées
de mon tout petit frère
gisent en paix les toutes petites
oreilles décollées de
mon tout petit frère
là en paix
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