je ne parle plus je tète

  je crois bien cette fois n’avoir pas le vertige. vent ne me pousse, ni ne me tient. j’en ai fini avec tout ça, je ne parle plus aux figures du destin. du haut d’un pas j’épouse le vide, le vide sans confusion

  si quelqu’un me crache au visage c’est qu’il ne m’a pas vu. et s’il ne m’a pas vu, c’est que je ne me cache plus. derrière mon doigt on a coupé le doigt. derrière les apparences, on a dissout les apparences

  il y a les amis morts à la fenêtre, et les vivants aussi les accompagnent. ils font la fête ensemble. quel genre de fête je n’en ai pas la moindre idée. ils me regardent mais ne semblent pas vouloir s’adresser directement à moi. pas même un signe de la main

  un carnet, un stylo, vivre ne sert à rien. je compte revenir demain, retâter le terrain, me dire c’est bon, cette fois c’est bon, et repartir bredouille. parce que repartir c’est comme ça, toujours bredouille. seul partir fait mouche

  le seul oubli, la mer. elle ne décolle pas. tu arraches mes vêtements avec tes dents. tu fais le reste avec la langue. et le reste ne pleure pas, le reste est brave. le reste est plongé nu dans un froid immense, une notion toute intérieure

  dans un autre endroit tu danses. avec le ventre notamment. tu danses avec le ventre. ici rien, tandis qu’il vente. tout simplement, il vente. sinon rien

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