le reflet dans l’moteur

  je n’habite pas dans ma maison. je n’habite pas dans mon pays. je n’habite nulle part j’ai l’impression. où m’accueilleras-tu donc?

  dans ma main. tu ne prends rien dans ma main. en forme de pierre, c’est qu’elle n’ouvre pas. en forme de rien, c’est qu’elle ne ferme pas. petit bouquet d’orties

  sans s’inquiéter vraiment, sans se faire de mouron – de la paisible insouciance précédant les hécatombes. il faut y aller maintenant, et qu’importe où

  je ne parle plus je tète. un sceau à la main va savoir de quoi, les yeux bandés peut-être. si ce n’est dans ce sens on part dans l’autre sens. entre les deux manque une marche

  une petite cuillère, et tout ce tas d’inepties. je n’y arriverai pas. je n’y arriverai pas je crains. mon doigt ressort intact, entier – autre chose s’est dilué

  tu marches dans la rue. si on passe le film à l’envers, je veux dire rembobine, tu marches à reculons. dans la même rue exactement. celle où je ne passe pas

  pour la dernière fois, fais semblant de m’écouter, semblant de me comprendre. hoche la tête là où il faut, ponctue d’un regard à l’oblique impeccable. une fois pour toutes n’entends-tu pas
  ce qu’ils ont fait de ma chanson?

le reflet dans l'moteur

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