je ne manque de rien, il pleut, il ne pleut pas
il pleut, il ne pleut pas
de grandes bassines renversées qu’on aurait soudées au ciel, des bassines funéraires
je ne manque de rien, la mort viendra combler ce vide
ce vide venu combler la mort
depuis peu un humain, un malin, un cafard vient manger dans mon assiette. dès lors je m’amaigris. à vue d’œil m’amaigris, d’une gamelle au dépourvu. depuis peu un cafard, un humain, un trou dans le contexte
tu me traites de girouette, je me cherche un clocher. il y a l’amour, et puis il y a l’amour par-dessus tout. par-dessus par-dessus encore, régnant le manque, la corde dure. tu me prêtes une chanson et moi je m’en frictionne les couilles
elle pleure. dès que je l’aperçois, elle pleure. alors faisant semblant de ne pas l’apercevoir, je m’aperçois qu’elle fait semblant
de ne pas pleurer non plus, pas pleurer pour un sou. nous nous cachons pour ces choses-là, nous nous cachons pour préserver notre douleur
j »ai mis deux jours sur quoi la motte, avant de commencer à pourrir, avant de commencer à sentir
que la nuit belle en ce temps-là, radotant l’infinité des fonds, le chant flétri. à l’effroi s’est substitué le néant pur et dur, l’anus primordial, le petit mouchoir en papier dont on s’essuie les coulements
on ne s’embrasse pas. on laisse la langue pendre jusqu’à terre, traîner dans la poussière mais on ne s’embrasse pas. on ne picole pas. on s’ahurit de n’être pas déjà mort, l’œil qui cloche et la peau du zob coincée dans la fermeture. si on a soif ce n’est pas parce que l’eau; si on a soif ce n’est pas parce que le nuage; si on a soif ce n’est pas parce que la soif

Laisser un commentaire